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Veille
technologique et environnement juridique
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Articles de presse
 | Extrait du quotidien Le Figaro. |

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Quand micro rime avec «écolo»
Ecologie et informatique n’ont jamais fait bon ménage. Pour l’année
2000, la France aura mis à la poubelle 1,5 million de tonnes de déchets
électroniques parfois très toxiques pour l’environnement. Retraiter un
PC coûte pourtant moins cher à l’entreprise que de l’envoyer à la décharge.
Un PC contient des matières non biodégradables comme les plastiques ou,
plus grave encore, des matières nocives : métaux lourds ou plomb.
Pourtant, paradoxalement, retraiter un PC coûte moins cher à
l'entreprise que de l'envoyer à la décharge. Ainsi, lorsqu'une société
veut mettre au rebut son matériel informatique, il lui en coûte 700 F la
tonne auxquels s'ajoutent les frais d'évacuation (environ 500 F la
tonne), quand une société spécialisée dans le recyclage lui facture
moins de 200 F l'enlèvement. Ensuite, celle-ci récupère tout ce qu'il y
a de "valorisable" dans un PC. D'abord les métaux ferreux et
non ferreux, comme le cuivre et l'aluminium prélevés du boîtier, du
disque dur ou encore des cartes qui composent l'ordinateur. Puis les métaux
précieux: or, argent et palladium. Une valorisation non négligeable
puisqu'elle rapporte à l'usine de retraitement près de 700 F la tonne
d'unités centrales recyclées !
Pour enrayer l'accumulation de produits toxiques, la loi du 15
juillet 1992 stipule pourtant qu'en 2002, seuls les déchets ultimes -
ceux qui ne sauraient faire l'objet d'aucun retraitement - pourront être
conduits à la décharge. Environ 7 % des matériaux utilisés dans la
construction d'un PC sont considérés comme "déchets ultimes",
ce qui signifie que 93 % devront être recyclés. " Malgré cela,
la quasi-totalité des ordinateurs continue de prendre le chemin de la décharge.
Les sociétés de recyclage spécialisées ne survivent que grâce à la
volonté de quelques rares entreprises qui font le choix de l'écologie.
Pour les autres, tant que les textes ne seront pas plus draconiens, tant
que les contrôles des pouvoirs publics ne seront pas plus étendus, leurs
déchets informatiques continueront à être orientés vers les centres
d'enfouissement, anéantissant alors toute possibilité de valorisation.
Sans parler de la pollution ", affirme Thomas Godard, PDG de
Direct Environnement, une entreprise de collecte et recyclage de matériels
informatiques en fin de vie.
Certes, quelques collectivités locales, chargées de la
collecte des déchets, des membres de la grande distribution ainsi que des
groupements d'industriels en électronique et électricité se sont récemment
organisés pour anticiper cette loi. Toutefois, il ne leur reste qu'un an
pour se doter d'une organisation efficace. C'est peu au regard de la
quantité colossale de machines à recycler.
Des solutions complémentaires sont aussi à l'étude. Ainsi, la
France compte-t-elle mettre en place une "écotaxe" sur les
produits informatiques, qui permettrait de financer leur recyclage. La
solution a déjà fait ses preuves en Allemagne. Ce qui n'empêche pas
quelques distributeurs de protester déjà, arguant que cela augmentera le
prix des PC. Quant aux constructeurs, certains commencent à concevoir des
machines dont le retraitement est facilité. C'est le cas de Siemens ou de
Compaq avec son programme "Design for Environment". Concrètement,
leurs ordinateurs sont plus faciles à démonter à la fin de leur cycle
d'existence, d'où un recyclage plus rapide. De plus, ils ne sont composés
que d'un nombre réduit de matériaux, facilement identifiables lors de
leur retraitement. Par exemple, Siemens n'utilise désormais que six
sortes de plastiques différents, contre une centaine en 1990. Enfin, les
cartons d'emballage sont 100 % recyclables. Un exemple à suivre. 
Laurence Beauvais
Publié le lundi 27 novembre à 18h17
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